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Interview : Kévin MAZARS – Fablab Albi (ACNE)

Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’interviewer Kévin Mazars, le fondateur d’ACNE (Association par la Culture Numérique et l’Environnement) mais plus connu sous le nom de Fablab. Le Fablab d’Albi, se situe au 8 avenue Pierre-Gilles de Gennes.

Kévin MAZARS - Fablab Albi

Bonjour Kévin et merci de prendre du temps pour répondre à mes quelques questions. Tout d’abord, peux-tu nous parler un peu de toi, pour que l’on apprenne à te connaître ?

« À la base, je suis ingénieur informatique. J’ai testé de travailler dans une entreprise en alternance du coup, pendant mes 3 ans d’études, ce qui fait qu’à la sortie, je me suis rendu compte que je n’ai pas envie de rentrer dans une entreprise en tant que tel parce que des fois, les entreprises n’ont pas toutes les valeurs que je peux incarner parce que surtout, je m’ennuyais énormément dans une entreprise. Donc du coup, j’ai préféré essayer de monter des projets et l’un des premiers projets était cette association. Association par la Culture Numérique et l’Environnement (ACNE) est l’objectif était vraiment de permettre aux gens du coup, de démocratiser le numérique auprès du grand public et surtout, à la base, c’était ne pas oublier l’environnement même dans le numérique. Se servir du numérique pour aider l’environnement. Quand je dis environnement, j’entends, permettre la sensibilisation, permettre un objectif d’utiliser des outils attractifs pour permettre que les gens se rendent compte que l’environnement est important. Et après, il y avait aussi des idées sur tout ce qui était recyclage, sur tout ce qui était dynamique autour du fer et donc, ce qui a engendré du coup, la création du Fablab en association d’essai en Mars 2015. Et du coup, le Fablab naissait en Octobre 2015 à peu près. Donc voilà, assez rapide quand même ! »

Peux-tu nous parler des missions d’un Fablab ?

« Donc du coup, le Fablab, sa mission principale, c’est de démocratiser les machines au commun numérique auprès du grand public. À la base, un Fablab, ce n’est que ça. Avec des ambitions projets, prototypages et R&D (Recherche et Développement) en sens 1. Donc normalement, c’est les grandes lignes avec un accès au grand public à des machines au commun numérique. Ça, c’est les 3 missions principales. Derrière, on va avoir du coup, des missions secondaires qui vont naître et surtout, on va avoir 4 types de Fablab.

  • Le Fablab universitaire qui lui, du coup, n’a garder que la R&D et la démocratisation de l’outil auprès d’étudiants.
  • Le professionnel qui lui, a du mal à innover en interne et du coup, cherche des outils pour permettre l’innovation. On va dire, sortir ses salariés de leur carcan et les faire bidouiller pour qu’ils trouvent les produits de demain.
  • L’éducation populaire, qui va vraiment plutôt chercher en fait, à prendre les outils et les faire apprendre aux petits à travers du coup, l’utilisation des machines rapides et surtout, donner cette vision d’outils non complexes pour les jeunes et donc, c’est vraiment de l’éducation populaire, pur et dur avec des nouvelles pédagogies etc…
  • Et il va y avoir du coup, la dernière façon de faire les Fablabs, surtout en France, c’est très peu dans le monde, qui ont la même forme que la nôtre, du coup qui va être type associatif et donc indépendant. En gros, qui sont ni aucun des trois autres et qui vont plutôt être tournés vers la démocratisation auprès du grand public mais souvent avec un enjeu social, sociétal. Et un objectif du coup, de créer, une dynamique autour du numérique, de la fabrication numérique, et des enjeux pour la planète à travers, le numérique et la fabrication numérique dont la localisation dont le prototypage d’objets, dont la réalisation d’objets, la réparation.

La plupart des Fablabs sont aussi couplés à des Repair Café qui sont des soirées spécifiques ou les gens peuvent venir réparer un objet qui tient dans leurs bras avec une bande de bénévoles que chez nous, on appelle les « Repairacteurs » et qui vont du coup, entraîner les autres personnes à réparer et donc, ça, ça marche très bien et c’est vraiment couplé au Fablab parce que ça a un vrai sens. »

Quels sont les projets pour le Fablab d’Albi ?

« Alors les projets passés, on avait vraiment fait des projets dans tous les domaines. Il y a eu des projets dans la mécanique, des projets scientifiques, des projets artistiques, des projets de mobilier, des projets de tout.

Parce que le principe d’un Fablab, c’est de ne pas se restreindre à une thématique donc il y a vraiment beaucoup beaucoup de projets possibles. Le projet actuel c’est mettre un Fablab dans un quartier, on verra ensuite en quoi ça consiste. Et les autres projets, c’est de revenir à une association plus tranquille où on peut vraiment se faire plaisir et qu’on a une vocation plutôt ludique à venir. Que ça ne soit pas une contrainte et que les gens, du coup, puissent venir se faire plaisir à utiliser les machines pour faire des projets qui les intéressent ou pour faire des projets en communs pour la planète mais sans que ça devienne la contrainte qu’on connaît actuellement. »

Le Fablab est-il présent sur les réseaux sociaux ?

« Oui, il est présent sur Facebook, Twitter, Instagram, YouTube et un site web. »

Un Fablab à Cantepau (64 boulevard Maréchal Lannes) à ouvert. Va-t-il avoir les mêmes activités / machines que celui d’Albi ?

« Donc oui, l’objectif est d’avoir les mêmes activités mais pas avec les mêmes publics. Donc faire en sorte que les publics de Cantepau considérer comme plus complexe, comme plus difficile, puisse aussi accéder à ces machines au commun numérique, ce qui rentre totalement du coup, dans l’une des trois valeurs de l’association qui sont cohésion sociale, numérique et environnement. »

Le Fablab participe à des évènements, aurais-tu une anecdote à raconter sur quelque chose qui se serait passé ?

« Des anecdotes, il y en a forcément plein mais j’en ai pas en tête là. En gros maintenant, le Fablab a beaucoup de machines. Mais quand on a commencé, on avait 3 machines à présenter même pas une machine à présenter avec 3 cartes, une machine et rien d’autres. Et c’est vrai que, du coup, la complexité de faire comprendre que ce que pouvait être un Fablab à travers juste une machine à porter était quand même présente. Les gens ne comprenaient pas tout le temps pourquoi… Enfin, oui, c’était bien, ils parlaient souvent d’impressions 3D etc mais ils ne comprenaient pas qu’est-ce qu’on pouvait en faire, surtout qu’elles étaient tous les enjeux derrière le Fablab. Ça fait partie, ce n’est pas forcément, une anecdote mais c’est le genre de trucs qu’on a réussi petit à petit à travers les nouveaux outils à amener sur les stands et sur les événements pour faire en sorte qu’il n’y ait pas uniquement que l’imprimante 3D mais qu’on ait aussi les scanners, qu’on ait aussi des pièces découpées à la laser etc… Pour vraiment montrer que le Fablab, ce n’est pas juste une imprimante 3D dans un coin d’une pièce. »

L’interview touche à sa fin, aurais-tu un mot à rajouter, un message à faire passer ?

« Les Fablabs sont des entités qu’on appelle des tiers-lieux qui sont très intéressantes pour tous les territoires au niveau national, au niveau local etc… C’est très intéressant notamment le fait de travailler en réseau avec les autres lieux. En revanche, la chose qui est très très mal fait au niveau des Fablabs et des tiers-lieux et de tout ça, c’est que souvent, c’est fait en mode associatif et que l’association ne correspond absolument pas aux possibilités d’un Fablab. Au final, on voit que les Fablabs qui peuvent permettre perdurer dans le temps, sont souvent sur des formats un peu plus évolués comme des SCOBS, des SIC ou tout ça et qui se permettent du coup d’aller plus loin dans la démarche et de faire des fois aussi, du prototypage pour professionnels mais en type prestation etc… C’est vrai que le modèle associatif pour les Fablabs risque d’être un problème dans le futur parce que le modèle associatif ne permet pas de faire tout ce qu’on aurait besoin de faire dans un Fablab. »

L’interview est maintenant terminée. Merci Kévin de m’avoir accordé de ton temps !

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